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L’agriculture biologique est un système de production agricole basé sur le respect du vivant et des cycles naturels, qui gère de façon globale la production en favorisant l'agrosystème mais aussi la biodiversité, les activités biologiques des sols et les cycles biologiques.
Pour atteindre ces objectifs, les agriculteurs biologiques s'interdisent (et excluent réglementairement) l'usage d’engrais et de pesticides de synthèse, ainsi que d'organismes génétiquement modifiés.
Les agriculteurs qui pratiquent ce type d'agriculture misent, par exemple, sur la rotation des cultures, l'engrais vert, le compostage, la lutte biologique, l'utilisation de produits naturels comme le purin d'ortie, et le sarclage mécanique pour maintenir la productivité des sols et le contrôle des maladies et des parasites.
Définie depuis les années 1920, l'agriculture biologique est organisée à l'échelle mondiale depuis 1972 (International Federation of Organic Agriculture Movements - IFOAM) et reconnue dans le Codex alimentarius depuis 1999. À ce titre, il s'agit de l'une des formes les plus anciennement organisées d'agriculture durable. Au sein de ces dernières, l'agriculture biologique se caractérise notamment par le fait que l'épithète « biologique », ou son abréviation « bio » impliquent une certification attribuée correspondant à des normes et à des cahiers des charges, et que le mot est, souvent, légalement protégé. Plusieurs labels internationaux de reconnaissance pour ce type d'agriculture ont été définis, dont le Label AB en France. Dans le monde, environ 31 millions d'hectares sont consacrés à l'agriculture biologique.
L’agriculture biologique est née en Europe au début du siècle dernier sous l’influence de divers courants philosophiques et agronomiques qui avaient pour but de : • permettre aux sols de conserver leur fertilité naturelle • privilégier l’autonomie des exploitations agricoles • établir des relations directes avec les consommateurs • fournir des produits de qualité • respecter l’environnement L’agriculture biologique s’est développée en France à partir des années cinquante sous l’impulsion de producteurs qui se sont organisés afin de promouvoir un mode alternatif de production agricole qui repose sur des principes éthiques : écologiques, sociaux et économiques.
Le mouvement de l'agriculture biologique s'est constitué en réaction à l'avènement de l'agrochimie, au milieu du XIXe siècle, et surtout au développement de l'usage des engrais minéraux issus de la chimiosynthèse, dans les années 1930.
On considère usuellement comme ses fondateurs Albert Howard, Rudolf Steiner, Hans Müller (de) et Maria Müller (de), Hans Peter Rusch (de), Masanobu Fukuoka, pour ne citer qu'eux.
L'apparition de l'agriculture biologique s'accompagne de nombreuses critiques sur l'évolution de la pratique agricole. Sont notamment critiqués :
L'abandon d'une vision holistique (ou holiste) de la Nature et de la croyance en une Nature bienveillante, Le rejet des pratiques traditionnelles et du rôle prépondérant de l'humus (notamment chez Howard et Fukuoka), La dégradation des liens sociaux et des libertés paysannes, suite aux restructurations du XIXe siècle et au développement des grands groupes agro-industriels (Müller), Le développement d'une vision réductionniste et utilitariste du monde aux dépens d'une relation plus spirituelle avec celui-ci, et le désenchantement qui accompagne ce rapport au monde (Steiner, Fukuoka), L'autorité d'une science agronomique confinée au laboratoire et détachée des réalités du terrain (Howard, Fukuoka), La prédominance des intérêts financiers et commerciaux dans la conception des exploitations agricoles et dans les développements technologiques, généralement aux dépens de la fertilité du sol (Howard, Müller, Fukuoka). Le rejet des produits de synthèse dans la production agricole et la volonté de produire des aliments de bonne qualité ne constituent ainsi, historiquement, que les aspects les plus superficiels du mouvement.
Comme équivalent anglophone (Organic farming), l'expression francophone Agriculture biologique apparue vers 1950 est, au sens littéral, un pléonasme car il n'existe pas d'agriculture non biologique ou non-organique. Mais elle a été choisie pour différencier cette agriculture des systèmes de production agricoles faisant appel aux intrants chimiques (engrais), aux pesticides dits « phytosanitaires » (tels que herbicides, insecticides ou fongicides, hormones de synthèses, antiparasitaires…), car polluants pour la santé et l'environnement et ne participant pas à ce que l'on appellera par la suite une agriculture durable.
Bien que l'utilisation massive de la chimie en agriculture soit relativement récente, on la désigne souvent comme agriculture conventionnelle face à l'agriculture biologique.
L'agriculture biologique est en plein développement et comprend tout un éventail de techniques destinées à augmenter le rendement des cultures et de permettre leur développement de manière naturelle et plus efficace.
Objectifs écologiques
Le respect des écosystèmes naturels C’est la règle essentielle de l’agriculture biologique, elle conduit au refus du recours aux produits chimiques de synthèse et vise à : • préserver les équilibres naturels du sol et des plantes, • favoriser le recyclage, • rechercher l’équilibre en matières organiques, • choisir les espèces animales et végétales adaptées aux conditions naturelles, • respecter au mieux les paysages ainsi que les zones sauvages, • préserver la biodiversité.
Objectifs sociaux • La recherche de nouveaux équilibres • Respecter la santé humaine et animale • Privilégier les rapports de coopération plutôt que de compétition • Respecter l’équité entre les différents acteurs des filières • Permettre aux producteurs de vivre de leur travail et de leurs terres • Proposer des aliments sains et équilibrés • Établir des liens directs avec les consommateurs • Favoriser l’emploi dans le secteur agricole • Objectifs économiques
La recherche d’un développement économique cohérent
Textes en vigueur • le règlement CEE 2092/91, comportant des règles européennes pour les productions végétales et animales biologiques. • le cahier des charges français complémentaire (CC REPAB F) aux règles européennes pour les productions animales. • Ces textes sont complétés et explicités en France par des guides de lectures officiels
Le logo AB
Les produits issus de l’agriculture biologique sont composés de plus de 95% d’ingrédients biologiques. Le logo AB, propriété de l’État, est facultatif. Son apposition sur le produit permet au consommateur d’identifier immédiatement et sans aucune ambiguïté les productions biologiques, garantissant ainsi le strict respect des cahiers des charges.
Une alimentation saine
En limitant au maximum la présence de résidus chimiques de synthèse dans les plantes ainsi que les additifs divers ajoutés aux produits lors de leur transformation, les opérateurs de la filière agrobiologique entendent proposer au consommateur des aliments sains et équilibrés. Les animaux élevés selon le mode de production biologique sont nourris à plus de 90% avec des aliments biologiques. Ils doivent avoir accès à des parcours en plein air et disposer d’un confort satisfaisant. La prévention est de règle et les animaux sont soignés en priorité à l’aide de thérapeutiques douces .
Une garantie sans OGM
Afin de s’affranchir de tout risque de pollution génétique ou de déséquilibre causé par la présence d’OGM, l’agriculture biologique a inscrit dans ses cahiers des charges l’interdiction absolue d’utiliser les Organismes Génétiquement Modifiés. Appliquant jusqu’au bout le principe de précaution, l’agriculture biologique interdit l’utilisation de produits conventionnels (dans les 10% autorisés pour l’alimentation animale ou les produits préparés) quand ils présentent un risque. C’est pourquoi seule l’agriculture biologique peut offrir au consommateur une «sécurité génétique» maximale pour les produits qui en sont issus. Par ailleurs, elle permet aux producteurs de s’affranchir des intérêts commerciaux ayant pour but l’appropriation du vivant. L’agriculture biologique est une obligation stricte de moyens. Elle est sous-tendue par une volonté de gestion stricte du vivant. Elle est donc par essence une production de qualité. Elle ne peut cependant pas s’affranchir des pollutions extérieures ou résiduelles des sols.
Des pratiques agricoles innovantes
Loin d'être un retour au passé, l'agriculture biologique se situe au cœur de la modernité agronomique actuelle. Ainsi, les recherches se développent afin de définir les espèces (végétales et animales) les mieux adaptées aux modes de production biologique, d'améliorer les cycles de rotation, de maîtriser le désherbage ou d’apporter des alternatives aux produits de lutte antiparasitaire. De même, l’amélioration de la connaissance des sols, de leur fertilité et plus généralement du cycle du vivant font partie des préoccupations de la recherche en agriculture biologique. Par ailleurs, les agrobiologistes développent des pratiques innovantes en matière de fertilisation (engrais verts, cultures dérobées, compost), de désherbage (faux semis), d'association de cultures et de rotation. La lutte contre les parasites est confiée à des prédateurs ou à des plantes. Ces pratiques sont pour les producteurs, en permanence à la recherche d’un mieux, l’occasion de revaloriser leur métier et de se réapproprier des savoir-faire, de produire du sens. Enfin, elle permet de préserver l’autonomie des producteurs par rapport aux firmes agro-alimentaires.
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